Durée de lecture : 19 min

Présentation des personnages :

Jules : le narrateur, Gaston, Robert et Albert : les 3 "Poilus" de la Grande Guerre de 1914 à 1918, une infirmière et deux épouses de soldats au front : Madame Voger et Madame Dupré.

Jules:

Bonjour Robert et Albert. Savez-vous qu’aujourd’hui, le 26 juillet 1914, c’est la dernière étape du tour de France ? Le Belge Philippe Thys a gagné.

Robert:

Bien sûr, j’ai suivi dans le journal  "Le Petit Parisien" ce tour de France très passionnant.

Gaston:

Oui, nous étions alors captivés par cette grande course cycliste de 388 km entre Paris et Le Havre. La 1re étape avait eu lieu le 28 juin 1914. Mais nous étions loin de penser qu’une semaine plus tard, nous allions entrer en guerre. Notre vie allait basculer dans l’horreur.

Jules :

Je vous fais remarquer que ce dernier nous avait fait oublier le mois des tensions diplomatiques déclenchées depuis le 28 juin 1914, lors de l’attentat commis à Sarajevo. L’archiduc autrichien François Ferdinand et sa femme avaient été ce jour là assassinés, par un groupe de jeunes nationalistes serbes.

Albert:

Si je te comprends bien, Jules, toute cette région était une véritable poudrière. Le détonateur que fut ce véritable assassinat, allait provoquer une guerre. Cette dernière que l’on supposait être une guerre éclair, dura en réalité pendant pratiquement plus de 4 ans.

Jules:

Albert tu as raison. Elle gagna tout d’abord l’Europe, du fait des alliances diverses, pour se propager au monde entier. Les pertes en hommes furent énormes.

Gaston:

Quant à nos conditions de vie durant cette guerre, elles furent épouvantables. Nous avons été séparés de nos familles.

Jules:

Comme tu as raison, Gaston. Nous allons évoquer tous ces points au fur et à mesure de notre conversation. Abordons déjà la description de vos costumes. A toi le soin de présenter le tien, Robert.

Le Soldat Robert - Poilu

Robert:

Je porte un képi et un pantalon rouge garance. Quelle stupidité d’avoir choisi une telle couleur, non? Ne croyez-vous pas qu’ainsi affublés nous n’étions pas des cibles idéales pour la mitraille allemande? Je ne vous parle pas de cette lourde capote de drap bleu. De plus, nous avions 30 kg d’équipement sur notre dos. Le tout était composé d’un havresac, d’un bidon d’1 litre, d’une cartouchière et d’une musette. Tout cela faisait que nos pesantes tenues nous collaient à la peau. Quant à nos pauvres pieds, ils saignaient souvent à cause de brodequins tout neufs.

Jules:

Mon pauvre ami, comme tu as dû souffrir avec tous tes camarades. Heureusement pour vous, cet uniforme fut assez vite remplacé, pour un autre se fondant mieux avec les couleurs du terrain. Approche, Gaston et parle-nous du tien.

Le Soldat Gaston - Poilu

Gaston:

Vous savez, c’est au lendemain de la victoire de la Marne, que l’état-major nous a fait adopter une nouvelle teinte pour nos uniformes. Le drap utilisé pour ce dernier était, ce qui fut appelé par la suite le fameux "bleu horizon". Mais le nombre d’hommes à équiper était colossal et cela ne se fit pas rapidement. Les anciennes tenues côtoyaient les nouvelles. L’armée semblait un groupe désordonné et hétéroclite. Finalement, tout rentra dans l’ordre à l’automne 1915.

Le Soldat Albert - Poilu

Albert:

Cependant au cours du second trimestre 1915, nous avons hérité d’un casque en acier nommé "Adrian". Cet ajout à notre équipement avait été rendu indispensable par l’augmentation dramatique des blessures à la tête. Enfin, sachez qu’à partir de 1916 nous avons reçu les premiers masques à gaz. Mais il faut que vous sachiez que notre départ à cette maudite guerre, ne fut pas facile pour nous. Contrairement à une légende tenace, nous ne sommes pas partis "La fleur au fusil". La tristesse était au fond de tous les cœurs, mais nous ne voulions pas la laisser paraître. Beaucoup de femmes avaient les yeux gonflés et rouges. Quant aux Hommes, ils n’étaient pas gais pour la plupart, mais seulement résignés.

Robert :

J’ajouterai à tes propos, Albert, que nous " les Poilus ", nous étions partis pour une victoire rapide et décisive. Nous ne partions pas pour une guerre de mouvement, ni pour une guerre d’extermination. Nous allions pratiquement être enterrés vivants dans les tranchées pendant 3 ans.

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