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Panneau Les EglisesLes Tombes Arméniennes au Cimetière d'Arnouville

Les Khatchkars (croix de pierre)

Manifestation la plus répandue de la culture médiévale, la plus forte expression de l’identité arménienne.(merveilles d’Arménie).

"De tous les objets d’art arméniens, les khatchkars, ces stèles de pierre portant une grande croix, sont à la fois les plus communs et les plus originaux. Les plus communs, car je ne crois pas qu’il existe de pays chrétien où il n’y ait de telle croix de pierre, mais fondamentalement originaux parce que ces stèles ont évolué d’une manière qui n’existe qu’en Arménie " (M. Yévadian) .
- Les khatchkars :
Il est difficile de préciser les liens qui relient ces stèles paléochrétiennes aux khatchkars.
Est-ce une évolution ou un développement parallèle?
En tout cas, quand les premières disparaissent, les secondes se développent à partir de la fin du IXème siècle, et n’ont cessé d’être produits jusqu’à nos jours.
- Fondement théologique :
Cette évolution est probablement à mettre en relation avec celle de la pensée théologique arménienne. En effet, dès le VIe siècle, l’église évolue vers une réserve de plus en plus accentuée envers les représentations figurées telles qu’on les retrouve sur les stèles. Les khatchkhars correspondent à l’aboutissement de cette évolution vers l’art non-figuratif et symbolique. Cette tendance va progressivement s’imposer en Arménie, avant de déclencher à Byzance la crise iconoclaste et d’inspirer le mouvement des Pauliciens.
- Les Symboles :
"Les motifs assemblés autour de la croix ne sont pas des garnitures décoratives mais des symboles qui ont participé à la rédaction d’un message que la stèle avait pour fonction de transmettre … L’étude de la symbolique renseigne sur ce qu’a du être le Christianisme Arménien des premiers siècles : ces khatchkars sont des images du Verbe, Lumière et Vie "
L’auteur de ce texte s’appuie sur le khatchkar de Metz Mazra (881),
le plus anciennement daté qui réunit tous les symboles typiques de ces anciennes croix arméniennes :
La Croix :
Symbolise la Vie C’est un fait que la vie est symbolisée en Chine par une croix aux bras égaux, dite ‘grecque ». La croix reste pour les Arméniens un symbole de vie malgré l’inversion, due sans doute à l’Occident qui en fait un symbole de mort le crucifix.
Le "Huit" :
La croix arménienne est échancrée pour former une croix à 8 pointes. Le huit est le nombre du Christ glorieux, le ressuscité, celui qui annonçait une autre naissance à une autre vie.
Mais aussi de l’homme mort à son moi, qui s’est éveillé, comme Jésus, à la Présence dans son désert intérieur.
Pour les pères du désert, ce nombre 8 porte en lui l’idée de Résurrection, de Renouveau.
Le Cercle :
Les huit extrémités des croix arméniennes se terminent par des disques solaires. Le cercle trait sans commencement ni fin est symbole de l’infini et partant de la déité, plus particulièrement lorsque son centre est marqué d’un point. Il est aussi une figure du soleil. L’astre source de vie sur terre, est apparu comme la figure d’un autre soleil, intérieur celui là, "plus brillant que mille soleils" qu’ils avaient découverts au tréfonds de la caverne de leur cœur. Nous retrouvons cette Réalité lumineuse dans l’enseignement des maîtres bouddhistes et des mystiques de l’Islam, les soufis.
Les Rameaux placés de part et d’autre de la base de la croix et les fruits pendus au sommet font penser à un arbre, assimilé à l’Arbre de Vie qui se dressait au milieu du paradis. G. Papazian s’appuyant sur ce que Jésus appelait la Vie, qui est fondamentalement différente de ce que nous percevons par nos sens, "un état de conscience qui se déploie dans une Réalité qui échappe à la perception des facultés humaines", indique que ces croix ne figurent pas des arbres de vie:
"Cette Vie-là, qui est figurée par les 2 rameaux, symbole de la puissance vitale et du renouveau, qui s’élancent du pied de la croix et les 2 cônes de pins, ou de noix de palmes, symbole d’éternité qui descendent, précisent que ceux qui goûtent à ces fruits ne connaissent pas la mort ".
Autre interprétation développée: l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. La disposition de la croix sur une Pyramide étagée peut être décrite comme l’itinéraire initiatique, les étapes d’une ascension. La disposition de la croix sur une grande rosace, figure de l’Univers, apparait au Xe siècle, interprétée comme le Christ Pantocrator souverain des mondes.
L’Altération des symboles aux Xe et XIe siècles :
- Dégénérescence des disques solaires en feuilles stylisées
- Perte de l’aspect végétal des rameaux
- Les fruits, symboles d’éternité, se modifient en grappe de raisins. Les stèles "transformées ou altérées", doivent être comprises comme des déviations de l’orthodoxie arménienne, elles ne relèvent pas de l’art sacré mais de l’art religieux. Ce sont des illustrations comme celles qui accompagnent le texte des évangéliaires. Seul point commun, une croix gravée sur une pierre. Mais d’un côté, une croix dotée de symboles, qui nous adresse une vérité et nous révèle un mystère, de l’autre une croix somptueusement vêtue d’ornements pour le bonheur des historiens de l’art.

Quelques Tombes au Cimetière

Renseignements sur les noms de familles

- Le suffixe : "IAN" veut dire "fils de». - Le suffixe : "OGLOU" veut dire aussi "fils de". C’est est un suffixe turc. Les familles arméniennes devaient ajouter ce dernier, afin de ne pas être persécutées

Cette église de style arménienne relie les deux tombes. Elle symbolise le Saint-Siège d’Etchmiadzine. C’est le siège du Catholicos de tous les Arméniens.

-La stèle de Patrice Balian est en granit. Elle comporte tous les symboles des Khatchkars. Ce conseiller municipal est brutalement décédé en 2008.

-La stèle de Jean Etienne Akian est en tuf. Elle vient d’Arménie. C’est une roche volcanique généralement tendre. Lors de l’Assemblée générale du "Club des Loisirs Léo-Lagrange", du 4 mai 1973, M. Lancharès évoque la naissance d’un groupe folklorique Franco-Arménien. En sa qualité de Président, il adresse ses plus vives félicitations au professeur de danse : Jean Etienne Akian

Exposition du Centenaire du Génocide des Arméniens

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4 avis sur « Exposition du Centenaire du Génocide des Arméniens »

  • 19 mai 2015 à 19 h 41 min
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    Merci M. et Mme Vidal pour cette belle exposition émouvante et fidèle , à ce que nos familles ont traversé depuis leur exode et leur départ d'Anatolie et leur parcours à travers certaines provinces françaises et leur installation et leur parcours à Arnouville. Je suis native d'Arnouville et j'ai été heureuse de lire toute cette intéressante documentation riche d'enseignement sur des éléments culturels et historiques, et qui rend compte de l'histoire singulière de chacun d'entre nous, cela restera un témoignage et un hommage à nos familles survivantes.

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    • 19 mai 2015 à 21 h 02 min
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      Merci Madame Dilanian,
      Nous avons été très contents de monter cette manifestation.
      Grâce à vous, nous avons aussi appris énormément de renseignements sur tous les domaines que vous avez mentionnés.
      De plus, sur ce site, ils resteront gravés à jamais.
      Vous, vous êtes une experte en sculpture(s) et en estampe(s).
      Vous exprimez d'une façon très artistique.
      Ceci, pour le bonheur de vos proches et de vos amis.
      Même s'ils ne sont pas toujours Arméniens.

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      • 22 mai 2015 à 18 h 30 min
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        Ani Dilanian organise une journée intitulée "La fête de l'Estampe".
        Cette dernière se tiendra le 26 mai 2015, au 73 Rue de Bordeaux à Arnouville, de 13h à 21h.
        Elle exposera son travail de gravure sur plaque de cuivre, zinc, bois et linoléum.
        Il y aura également les travaux d'autres artistes tels que : Christiane Vielle, Coste, Canini, Dado...
        Une visite s'impose pour voir le travail de toutes ces personnes.

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        • 23 mai 2015 à 15 h 32 min
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          De nouveaux renseignements nous ont été fournis.
          Dans la Rue de Bordeaux habitent également Madame et Monsieur Khahamyan.
          Ces personnes avaient prêté l'alphabet et le Notre Père que l'on peut voir dans la vitrine de la page sept.
          Ils avaient fourni aussi de nombreuses cartes non photographiées.
          Aurore Khahamyan chante régulièrement à la chorale.
          Ceci nous a été rapporté par Madame Pentecôte citée dans les remerciements.
          Madame Shart l'épouse du célèbre peintre Shart-Artignan, nous a fait savoir par téléphone combien elle avait apprécié cette manifestation.
          Elle n'avait pu se déplacer depuis Lamorlaye, car elle est très âgée maintenant.
          Elle avait reçu par courrier la plupart des textes et des images.
          Il en est de même pour Nadia Ispenian.
          Cette dernière est de la famille Kassapyan.
          Quant à elle, elle est âgée de 90 ans et elle demeure à Paris actuellement.
          Elle était arrivée à Arnouville à l'orphelinat des soeurs, à 24 ans, en 1948.
          Nous attendons avec impatience d'autres témoignages.

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