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Journée Nationale de la déportation et commémoration
des génocides assyro-chaldéen et arménien

En avril 2015, au château, nous avions fait une exposition intitulée: "Centenaire du Génocide des Arméniens". Voici le lien de cette dernière, afin de vous permettre la relire.

https://lepassedarnouville.fr/exposition-du-centenaire-du-genocide-des-armeniens-4060

De nombreux lieux avaient été évoqués: églises, stèles, école…
Sans oublier les objets visibles dans des vitrines.
Cette année avait lieu, à la salle Essentielle, une manifestation  nommée: "Histoires de familles arméniennes" ou 100ans de vie à Arnouville.
Cette affiche l’annonçait à toutes les personnes de la ville.
Des cartons d’invitation donnaient un complément d’informations sur ce qui allait se faire.

Invitation "Journée Nationale de la déportation et commémoration des génocides assyro-chaldéen et arménien"

Dans cet article du journal "Le Parisien" paru dès le 21 avril, Mme Nigoghossian et M. Martayan, deux personnes très connues dans la commune, nous dévoilaient déjà une partie des documents visibles dans cette salle.

Article du journal "Le Parisien" paru dès le 21 avril, Mme Nigoghossian et M. Martayan

Mais dans ce nouvel article, ne seront dévoilées que des nouveautés.
Plantons le décor de ce que l’on voyait ou entendait en permanence !
Sur un écran situé au fond de la scène, des intervenants témoignaient de l’arrivée des réfugiés dans la commune.
Ainsi Mme J.Altounian, la mère de Christophe notre élu actuel, accompagnée de MM. J.C.Bahaban, G.Nigoghossian et R. Martayan racontaient leur odyssée.

Ce dernier nous montre, sur cette photo,  un petit tapis fait en Arménie avec le poète et chanteur du 18ème, Sayat Nova, maître également de l'instrument à corde appelé "kamantche". En arrière plan, on aperçoit le mont Ararat.

Sayat Nova, maître également de l'instrument à corde appelé "kamantche"

Le mardi 19 avril, à 14 h avait lieu l'ouverture des portes.

M. Martayan, déjà présent, nous donna une première explication  des certains documents prêtés.

C'est une pièce théâtre, dans laquelle joue M. Martayan,  ainsi que les 2 soeurs de Garbis Nigoghossian. Elle retrace une période de l'histoire de l 'Arménie. L 'Arménie affronte la Perse qui souhaite convertir les Arméniens à sa religion. C'est la bataille de Vartanank. L'Arménie perd la bataille mais les Perses ne vont pas obliger les Arméniens à se convertir. Durant cette période de guerre l'Arménie ne pourra être présente au concile de Chalcédoine où sont prises des décisions sur la nature du Christ. Bien des années plus tard, l'Arménie apprendra ce qui s'est décidé. N'étant pas d'accord elle quittera l'autorité papale et organisera sa propre hiérarchie. C'est ainsi qu’est née l'église apostolique Arménienne.

Les enfants de cette photo prise sur le côté de l'église apostolique, de la rue St Just, sont les élèves du cours d'Arménien. La dame au milieu est Mme Narine qui était enseignante en Turquie.

Sur cette photo, nous voyons les conscrits Arméniens d'Arnouville de la seconde guerre mondiale.

Un document très important pour René Martayan, certainement!

Des personnages importants.

Sur ce panneau, voici les célébrités ayant habité à Arnouville.

En haut Georges Garvarentz. Ses parents ont fui le génocide en passant par la Grèce où il naitra. Diran, son prénom arménien, s'installa avenue H. Barbusse avec sa mère et sa sœur Marie à 50m de l'église arménienne catholique. Après une scolarité chez les frères Arméniens, il apprit la musique et donne des cours. Il rencontra Charles Aznavour dont il épousa  la sœur Aïda. Il composa pour J. Halliday et S. Vartan, d’autres chanteurs et bien sûr aussi pour Ch. Aznavour. Il fut également l'auteur de nombreuses musiques de films. Il décédera en 1993.

Serge Artinian, dit Shart artiste peintre, est le mari de la sœur de G. Garvarent. Il se fait un nom grâce l'originalité de ses peintures. Il est encore plus connu aux EU d'Amérique. Il a habité très longtemps au bout de la Rue de la Paix.

Sonia Nigoghossian, quant à elle, obtient le 1er prix du conservatoire de Paris en chant lyrique. Elle a chanté dans de nombreuses pièces en France et à l'étranger. Elle habite toujours Arnouville.

Encore un endroit très connu de notre guide, d'un jour.
Sur ce panneau on découvre quelques photos des anciens métiers exercés par les Arméniens : tailleurs, cordonniers, et une boulangerie

Une boulangerie ...pour les enfants!

Celle d'Antoine à l'angle de l'Avenue H. Barbusse et de la Rue des Ecoles. Elle a fait le bonheur des enfants se rendant à l'école de la gare, nommée Ecole Casanova de nos jours.

C’était à 18h30 l’inauguration.

M. Doll, Maire de la ville, accompagné de M. Pupponi, Député de la circonscription et M. Aumas, Maire honoraire parcouraient la salle. Mme Balian, leur servait de guide.

En sa qualité de maire-adjointe, elle avait orchestré cette manifestation, avec l’aide du service culturel. Un grand merci à toutes ces personnes!

Par intermittence, le groupe de "Théâtre de la Vallée" interprétait des textes parlant de l’exode.

Voyez ces 2 artistes !

Maintenant, retraçons l’enchainement de toutes ces journées.

Le mardi 19 avril, c’était à 18h30 l’inauguration.

M. Doll, Maire de la ville, accompagné de M. Pupponi, Député de la circonscription et M. Aumas, Maire honoraire parcouraient la salle. Mme Balian, leur servait de guide.

Elle expliqua certains panneaux comme celui de l’alphabet ou celui de l’arrivée des Arméniens.

(Faisons une petite digression dans ce compte rendu.)

Lors de leur arrivée à Arnouville, alors Arnouville-lès-Gonesse, certains Arméniens avaient déjà eu une approche de la langue Française.

Pour preuve, évoquons le cas de cette personne au nom de famille bien connu : M. Soghomon Nigoghossian.

Soghomon Nigoghossian.

N’est-il pas le père de Gérard et beau père de Sonia Nigoghossian?  C'est gràce à Sonia que nous avons ces documents.

C'est aussi le frère de M. Nigoghos Nigoghossian (café l'étoile) et père de Garbis.

Soghomon Nigoghossian  fut pensionnaire chez les jésuites, dans la ville de Samsun en Turquie au début du 20ème siècle.

En fuyant ce pays, dans ses bagages il avait rapporté ce dictionnaire Arménien/Français lui ayant servi pour ses cours.

Nous vous présentons ici sa couverture.

Un important dictionnaire.

et sa page d’introduction.

La page d'introduction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Restons avec ces mêmes personnes en observant bien ce tableau:

Il s’agit de la famille KEPTCHIAN. 

La grand-mère maternelle est la première en haut à droite, à côté ses sœurs.

Assis devant se trouvent les parents.

Ils ont tous disparu lors des massacres de 1896.

Sauf la grand-mère maternelle de Gérard Nigoghossian. 

Elle est devenue veuve suite aux déportations de 1915 et avec 3 enfants.

L’ainée, la maman de Gérard a été mariée en 1918 avec Soghomon NIGOGHOSSIAN 

Pour mémoire, il fut étudiant de chez les Jésuites, à AMASSIA .

 

 

 

 

 

Puis Mme Balian, nous montra  ce nouveau panneau.

Le couvent des soeurs.

Le couvent des sœurs de l'Immaculé Conception a été construit en 1931, à 20m à droite de l'église catholique Arménienne. Celles-ci se sont beaucoup occupées des jeunes filles orphelines à la suite du Génocide. Elles ont donné des cours d'Arménien aux enfants. Le bâtiment a été racheté par la commune après le départ des dernières sœurs de la congrégation.

Au détour d’une allée, M. Le Député Pupponi et M. Le Maire Doll disputaient une partie de jacquet sous l’œil vigilant de Garbis Nigoghossian. Qui va gagner ?

Ce superbe intérieur  inspiraient sans aucun doute ces joueurs!

Des joueurs très acharnés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Derrière le bar, en train de servir, Nigoghos Nigoghossian, le père de Garbis et l’époux d’Hermine, la mère de Garbis, Sima Keutalian épouse Balian, la mère de Patrice.

Cette photo a été prise avant guerre

Des consommateurs très assidus

Les photos de mariages du père de M. Martayan et de M.Gérard Nigoghossian donnaient un cachet très personnel.

A gauche, son père célibataire. A droite le mariage de ses parents Hadjimartayan. La photo de groupe est le mariage de son cousin Paul en 43/44 où apparait une partie de sa famille.

Notre amie Sonia Nigoghossian retrouvait avec beaucoup d'émotion les objets de cette vitrine.

Dans cette vitrine, observons attentivement le baluchon ayant appartenu à la maman de Sonia. Elle l’a serré contre elle, durant tout l'exode. Enfin, sur la droite se trouve un pilon en bronze qui servait à écraser des ails ou autres épices.
Encore un souvenir très important pour Sonia Nigoghossian, sans aucun doute.

Un des premiers cafés d' ARNOUVILLE.

Un des premiers cafés, baptisé "l'étoile", a été ouvert par M. Nigoghossian à l'angle de l'avenue Henri Barbusse et de la Rue de la Paix. Quelques années après, l'endroit a été transformé en épicerie. Ici, nous voyons des amis et clients habituels.

Voici encore une vidéo des personnes lors de leur arrivée à Arnouville:

Photo du bas: la petite épicerie de la Rue Jean Jaurès au N° 73 à droite de la coiffeuse.

Le vendredi 22 avril à 14 heures, les scolaires venaient s’instruire et regardaient avec intérêt les vitrines.

Tous ces objets sont en cuivre étamé. Ce qui les rend alimentaire.

La cruche sur le podium et le plat présenté sur le tapis ont été fabriqués à Amassia, par le gd-Père maternel de Gérard Nigoghossian.

Sur le col de la cruche, il a ciselé la représentation du poisson, symbole de la chrétienté.
Elle servait surtout à transporter l'eau. La grand’ mère l’a utilisée tout le long de son voyage.
Le plat est le couvercle d’un pot plus profond utilisé pour la cuisson des plats, soit au four, soit sur la braise.
Le moulin à café, certainement en cuivre a été réalisé par des maîtres en la matière. Ciselé, gravé, signé, il existe en plusieurs tailles : 2 tasses, 4 tasses, 6 tasses. Le café était moulu tout au long de la journée en fonction des besoins du moment.

Enfin les élèves furent très surpris en voyant cet instrument de musique, au nom inconnu, pour eux.

Cette photo représente un instrument à cordes très présent en Turquie. Son nom est : " le "Hout"".

A 20 heures : Concert très du groupe Lavach
devant ces nombreux spectateurs ravis de cette très belle prestation.

A 20 heures Raymond Kevorkian, historien venait animer une table ronde.

Cette vidéo sur You Tube vous relate l’ensemble de ces manifestations.

Histoires de familles arméniennes 100 ans de vie à Arnouville.
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