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Notre Dame de la Paix

église notre Dame de la Paix à Arnouville

- En Mars 1955 : Mr l'abbé Michel Havard est nommé curé à la paroisse Saint-Denys d'Arnouville.

- En Mai 1955 : L'église St-Denys (dite du Vieil-Arnouville) est fermée par arrêté de péril.Durant plus d'une année, on célèbre alors le culte dans une grange située Rue de la République, jusqu'à ce que l'on trouve une bonne solution. La municipalité prend à sa charge la restauration extérieure de l'édifice, et la paroisse la restauration intérieure.

La Chapelle Saint-Eustache (chapelle de la gare), créée en 1921 par L'Abbé Dumont, s'avère également trop petite de dimanche en dimanche. Le Père Havard se voit donc  confier le soin de faire édifier une nouvelle église dans le secteur.

Des jalons sont posés, tout en se ménageant un temps de réflexion indispensable pour la construction d'une église de 800 à 1000 places. Cette dernière aura sur un large parvis donnant sur l'Avenue de Choiseul.

Pour parvenir sur ce dernier, les fidèles ou visiteurs doivent obligatoirement passer par cette Avenue d’Arnouville.

Ils pourront pénétrer dans l’église, si le grand portail est ouvert.

Il donne accès à un parking, mais à un nombre de places limitées.

On peut également se garer dans la «Rue Paul Bert».

Mais, c’est une entrée de service réservée aux prêtres.

Si celle-ci est ouverte, il faut contourner à pied l’édifice.

On se retrouve alors sur le parvis mentionné plus haut.   

L'étude de cette construction est confiée à une petite équipe d'architectes:

Jacques Small: récemment installé à Arnouville.
René Serraz:
un savoyard imbattable sur les questions liturgiques.
Jean Doldourian: dont l'origine arménienne ne peut être indifférente à la communauté de la Ville.
Antoine Debré:
un architecte de Paris.

Sur les conseils du Père Havard, les 4 associés décident de s'inspirer des formes modernes et nouvelles techniques de construction qu'ils avaient pu voir lors d'un voyage en Suisse alémanique.

Elle prendra le nom de Notre-Dame de la Paix.

Mais la construction d'une église coûte cher.

Le Père Harvard se souvenant avoir été 5 ans prisonnier de guerre en Thuringe, sollicite des catholiques allemands au titre de la "réconciliation". Les réponses sont si nombreuses que la paroisse décide de faire ciseler le tabernacle par un orfèvre de Fulda en Allemagne: Werner Rauscher. Un évêque auxiliaire de Cologne, Monseigneur Padlus viendra le bénir en juin 1962.

On aura même recours à faire un emprunt. La banque Scalbert prête son concours (15 millions anciens). Ils seront remboursés dans les délais convenus.

- En juin 1955 : Le Père Havard demande aux Arnouvillois de commencer à sensibiliser leurs amis à travers toute la France, pour faire appel à leur générosité afin de rassembler des fonds pour construire cette église.
- En septembre 1955 : 38 000 dépliants ont été distribués. Plus de 800 donateurs se font connaître.
- En décembre 1956 : Une réunion publique rassemble les fidèles pour savoir quelle forme donner à cette église.
- A Pâques 1957 : Une première maquette est présentée. C'est celle d'une église très claire et de forme triangulaire.

Mais pourquoi cet aspect? D'une part pour donner l'impression d'une "Mère" ouvrant les bras à ses enfants, d'autre part pour permettre aux personnes présentes de suivre le bon déroulement des offices.

- En Avril 1958 : Le chantier commence, avec l'aide bénévole "Des Compagnons Bâtisseurs" venant de Hollande,de Belgique, d'Allemagne. La pose de la première pierre est célébrée le 15 Juin 1958.

Diverses entreprises locales et d'ailleurs se succèdent sur le chantier:

- Bonnevie : Pour le gros œuvre et tous les travaux de maçonnerie.
- Oudeville-Senechal : Pour le cloisonnement métallique destiné à recevoir les vitraux.
- Rezza : Pour l'électricité.
- Germain Guglielmetti : Pour l'habillage du plafond du chœur et de la petite chapelle.Il fera également la menuiserie et les meubles de la sacristie.
- Destrebecq : Pour la réalisation des bancs, selon les plans des architectes.

- Le dimanche 6 Décembre 1959 :  A 10h 30, Son Excellence Monseigneur Renard, évêque de Versailles est venu bénir la nouvelle église. Le Père Havard célèbre la messe assisté de Mr l'Abbé Tabary, et de Mr l'Abbé Morisi.

- Le 27 décembre 1959 : Une messe d'adieu est célébrée en la chapelle construite par L'Abbé Dumont. Pendant 38 ans des générations y ont prié, des enfants y ont été baptisés, des jeunes s'y sont mariés. L'attachement à cette chapelle était bien compréhensif. Cependant, il était bien évident qu'elle disparaisse pour donner à la nouvelle église son cadre.
- Début 1960 : Démolition de la chapelle Sainte-Eustache par "Les Compagnons Bâtisseurs".
- Au printemps 1960 :
On pose une stèle à l'emplacement de l'autel et du tabernacle de cette dernière.Soit une façon de ne pas l'oublier.

L'autel dans l'église
L'autel dans l'église

- Bien qu'inachevée, car encore sans vitrail, sans cloches et sans tabernacle, l'église Notre-Dame de la Paix, peut accueillir des fidèles.
- Le Chemin de Croix, quant à lui,  est signé Jacques Pouchain, céramiste à Dieulefit. (Drôme)

L'une des plus belles pièces est la couronne d'épines. (1ère station)

Petite parenthèse: les stations peuvent être au nombre de 14.

Ière Station - Jésus est condamné à mort
IIème Station - Jésus est chargé de sa Croix
IIIème Station - Jésus tombe sous le poids de sa Croix
IVème Station - Jésus rencontre sa Mère
Vème Station - Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix
VIème Station – Ste Véronique essuie la face de Jésus
VIIème Station - Jésus tombe pour la seconde fois
VIIIème Station - Jésus console les filles de Jérusalem
IXème Station - Jésus tombe pour la troisième fois
Xème Station - Jésus est dépouillé de ses vêtements
XIème Station - Jésus est cloué sur la Croix
XIIème Station - Jésus meurt sur la Croix
XIIIème Station - Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère
XIVème Station - Jésus est mis au tombeau

- Le "mur vitrail"de la chapelle du baptistère est l’œuvre de Monsieur Archepel.
- La statue de Notre Dame de la Paix fut très longtemps attendue. Elle est été réalisée par Madame Hébert Coeffin. Elle fut bénie le 08-12-64 par Monseigneur Brun.

Statue de la Saint Vierge dans Notre Dame de la Paix

- Dans le jardin du presbytère, près de la sacristie,une mosaïque d'inspiration byzantine attire l'attention de nombreuses personnes. Elle représente un Christ bénissant. Cette pièce se trouvait dans une usine de carrelage désaffectée et démolie de Saint-Denis. La Direction en a fait don à notre paroisse.

Une mosaïque dans le jardin derrière l'église

- Le 11 septembre 1960 : Deuxième cérémonie: le baptême des cloches. Ces dernières proviennent de la fonderie de Cornille-Harvard, située à Villedieu-les-Poëles.(Manche).

Sous le Pontificat de S.S.Jean XXIII, Son Excellence Monseigneur Renard, évêque de Versailles a béni en compagnie de Monsieur l'Abbé Michel Havard, les cloches de la paroisse Notre-Dame de la Paix.

La première nommée : Marie, Joseph, Renée par Monsieur Joseph Morisi et Madame Eugène Havard.
La deuxième nommée : Jeanne, Pauline, Geneviève, par Monsieur Jean Piquet et Madame Pauline Nutti.
La troisième nommée : Anna, Jacqueline, Thérèse, par Monsieur Joseph Leclerc et Madame Jacques Small.
Un numéro spécial du journal "Vent du Nord" (septembre 1960) explique le choix de ces prénoms et de ces parrains et marraines.

Les cloches ont été montées dans le clocher par la trappe placée au-dessus du chœur. Dès le lendemain, elles sonneront chaque jour pour l'Angélus à 7 heures, midi,19 heures.
L'électrification qui permettra les sonneries simples, le glas et sonneries de fêtes, sera réalisée par les Établissements Mamias de Gagny et l'entreprise Rezza d'Arnouville.

A cette occasion, dans la cour ouest, (côté opposé au presbytère), à l'intention des paroissiens , des bienfaiteurs et de leurs enfants, sera dressé un modeste buffet. On pourra emporter en souvenir des petites clochettes de cuivre et cornets de dragées.

- En 1961 : Le vitrail arrive à son tour. C'est une immense verrière faite de 296 petits carreaux, avec pour thème principal La Vierge. Celle-ci devenait "Le manteau de Notre-Dame". Les couleurs étaient à dominante bleu et rouge, avec leurs intermédiaires , le violet et le carmin.

Les esquisses présentées devaient donner au fond de la nef une ambiance colorée.
Les vitraux teintés sont en polyester, dessinés par André Dunin, aidé par Gabriel Loire, maître-verrier à Chartres et à son gendre Monsieur Soleille.

Une partie du vitrail, insolite, dans l'église.

- Le "mur vitrail" de la chapelle du baptistère a été réalisé par Monsieur Archepel.
- En juin 1983 : Un an avant la bénédiction de la statue, Le père Michel Havard fut nommé responsable des chantiers diocésains à l'évêché de Versailles. Il lui avait fallu beaucoup d'audace pour édifier cette belle église moderne et sans laisser de dettes à son successeur.

Tous, nous disons notre respectueuse reconnaissance au Père Havard pour sa courageuse initiative et la parfaite réalisation de cette œuvre.

Combien de prêtres ont officié à Notre-Dame de la Paix?

Il convient d'en citer certains et nos lecteurs pourront compléter cette liste par le biais de leur(s) commentaire(s).

- Certes,Le Père Michel Havard.
- Le Père Emile Dumont
- Le Père Petit.
- Le Père Legris.
- Le Père Gillet.
- Le Père Hardouin.
- Le Père Bouthors.
- Le Père Thielin.
- Le Père Dorison.

- Le Père Patrice Mékana, le prêtre actuel, récemment accompagné du Maire de la Commune, Michel Aumas. Ils ont eu le privilège de dévoiler la plaque de logo "Patrimoine du XX ème siècle, le 9 février 2014. Ce label a été attribué à notre église par le Ministère de la Culture, ainsi que nous pouvons le lire dans l'article ci-dessous.

Le label du patrimoine pour Notre Dame de la Paix 1962

Dans le journal "Le Parisien" du samedi 30 mars 2013, cette église, Notre-Dame-de-la Paix, vient de recevoir le label Patrimoine du XXème siècle.

Ce dernier, créé en 2001 par le ministère de la Culture pour "mettre en valeur le patrimoine architectural et urbain", est attribué par le Préfet de région sur proposition de la commission du Patrimoine et des sites.
Pour 2013, un groupe d'historiens d'art, d'architectes et de conservateurs  a fait son choix parmi plus de 500 édifices cultuels de la région. "Nous  avons sélectionné les lieux les plus représentatifs de chaque religion", explique Claire Vignes-Dumas, qui dirige la Drac.
Ainsi furent retenus 3 édifices religieux dans le Val d'Oise, dont celui de notre église Notre-Dame-de la Paix, à Arnouville.
Cependant, à la différence d'un classement aux monuments historiques, le label n'offre ni protection, ni subventions. "Pour le XXème siècle, les historiens de l'art manquent de recul, défend Muriel GENTHON, directrice régionale des Affaires culturelles, mais c'est déjà une première reconnaissance!"

Texte et propos extraits du Journal "Le Parisien" du 30 mars 2013.

Cet édifice se distingue architecturalement par la modernité de sa construction triangulaire, en béton.
Construction triangulaire en béton du clocher de l'église
Ce texte sur l'église Notre-Dame de la Paix a pu être écrit grâce au livret prêté par Christine Bonnard à Madame Pentecôte.
Les photographies ont été faites par V.Payet et J.J.Vidal.
Nous tenons à les remercier.
Des photos de Notre-Dame de la Paix en 2014

Des photos de Notre Dame de la Paix en 1960

L'église Notre Dame de la Paix
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Michel Rocher

Bonjour,
Ancien paroissien - j'avais 11ans à l'époque de la construction - j'ai beaucoup apprécié cette période. Ma mère, secrétaire bénévole faisait des mailing pour récolter des fonds. Jeune organiste, Le père Havard avait acheté un petit orgue électronique très moderne pour l'époque.
Je me permettrai une remarque sur l'origine des cloches. Il ne s'agit pas "Cornille-Harward", mais de Cornille Havard. Monsieur Havard étant le frère du père Michel Havard.
Nous avons beaucoup de souvenirs dans cette église. Il y a quelques années, de passage un peu par hasard, j'ai voulu y entrer un moment. Elle était fermée.