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Paul Cordier dans son atelier avec sa femme Emilie Bouchereau

Cordier Paul,
inventeur du "coupe-anches"

Paul Cordier est né en 1870 à Meilleray, village près de La Ferté-Gaucher en Seine et Marne. Demeurant à Paris, il épouse avant 1900 Emilie Bouchereau, native de Poissy en Seine et Oise. Le 13 Janvier 1905, il dépose une demande de brevet à l'Office National de la Propriété Industrielle pour une invention qu'il a créée afin de faciliter le travail des musiciens jouant de la clarinette ou du saxophone: "le coupe-anches".

 

L'anche de la clarinette ou du saxophone est une fine lamelle de roseau, biseautée, effilée, posée et ligaturée sur le bec, partie supérieure de l'instrument. L'anche transmet les vibrations à la colonne d'air contenue dans le tube de l'instrument et provoque un son, plus ou moins mélodieux selon l'utilisateur.

Le roseau nécessaire à la création de l'anche est une variété particulière nommée "Arundo Donax", poussant dans le sud-est de la France, dans les régions de Fréjus, Hyères et Cogolin. Matière vivante, l'anche a tendance à se modifier sous l'influence du souffle et de la salive du musicien ainsi que par les nombreuses contraintes physiques. Elle peut être appelée à vibrer plus de 1000 fois à la seconde. Le musicien doit parfois la raccourcir légèrement pour la rendre moins flexible, d'où l'utilité d'un "coupe-anches" portatif.

Paul Cordier a le mérite d'inventer un outil relativement facile d'utilisation pour le musicien et surtout aisément transportable dans la sacoche de l'instrument de musique.

Le brevet du coupe-anches est délivré à Paul Cordier le 19 Avril 1905, avec publication au Journal Officiel le 24 Juin de la même année. P. Cordier quitte Paris  et s'installe à ARNOUVILLE avec sa femme et son jeune fils Lucien, né en 1901 à Paris. Il fait construire un nouveau pavillon dans le quartier du Cottage, au numéro 11 de la rue Lamartine. Il y développe un petit atelier attenant à cette maison, où il travaille d'abord  seul, puis après la première guerre mondiale, avec son fils unique.

Son invention attire l'attention de plusieurs grandes maisons de fabricants d'instruments à vent à Paris. Il exporte aux Etats-Unis où le succès de cet ustensile est important. Bien implanté à Arnouville, Paul Cordier sera élu 1er adjoint de Stanislas Bance, maire d'Arnouville , lors des élections de 1923 et 1925, puis entre 1929 et1934 de M.Moitry, le nouveau maire de la commune.

Lucien Cordier, fils de l'inventeur, prendra la direction de l'atelier après la seconde guerre mondiale. Il protégera l'invention de son père  en déposant un brevet aux Etats-Unis pour le modèle international nommé "coupe-anches Cordier, l'UNIC", modèle amélioré par un système de bras de levier pour une meilleure coupe du bout de l'anche.

Lucien Cordier maintiendra l'activité à Arnouville jusque dans les années 1970. La fabrication continuera bien après, dans les années 1990 par la maison Glotin à Ézanville et de nos jours, par la société M.A.R.C.A., située dans le sud-est de la France, spécialisée dans les anches et roseaux.

- Extraits d'un texte écrit par Denis Watel.

Cordier Paul
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